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concerts

Du folk et de ses nuances

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Des chanteuses de folk, il y en a des caisses. Trop même, mais l’industrie du disque reste encore et toujours une industrie. Par chance, certaines d’entres elles prennent quelques distances avec les chaînes de montage ultra formatées. Ayo est de celle–là.

En même temps, il faut bien reconnaître qu’Ayo n’a pas révolutionné le monde du folk cosmopolite de fond en comble. Avant cette belle nigériane exilée en Europe, il y a eu Susheela Raman et plus loin encore une certaine Maryam Makeba voire une Nina Simone. Sûr, il n’y a pas matière à rougir devant cette filiation. La Nigériane partage avec ses consœurs une aisance vocale, des mélodies accrocheuses et surtout une grâce indéniable. Car si on avait dit qu’Ayo était la fille spirituelle d’Annie Cordy et de Zizi Jeanmaire, vous seriez sans doute moins nombreux à acheter ses disques ou à la suivre sur scène. Mais de là à crier « Révolution » devant cette belle et jeune protest singer, il y a un pas que l’on ne franchira pas. Ayo fait certes de belles chansons, qui puise avec brio dans les registres de la soul, du reggae et parfois de la musique africaine.

Ayo chante plutôt justement l’exil, la perte des siens ou l’indifférence propre aux sociétés post modernes. Bref, il ne fait aucun doute que cette nouvelle diva possède de sérieux atouts, une personnalité certaine, un style qui l’a très rapidement propulsée en haut des charts et autres classements de ventes de disques.  Reste que l’on aimerait que celle qui compte déjà des clones prenne un peu plus de risques artistiques et sorte des sentiers battus. Par exemple, qu’elle prenne appui beaucoup plus profondément sur ces racines musicales. Quand on sait la richesse et l’histoire musicale du Nigéria, du Highlife au Juju, du Fuji à l’Afro Beat, on ne peut que regretter que la miss ne s’en inspire pas plus sérieusement. Et tant qu’à être originaire du pays qui a vu naître Fela, autant porter haut une chanson à texte qui n’abdique pas devant les maux de la société africaine contemporaine. Peut être que les scènes qu’Ayo s’apprête à arpenter aux quatre coins de l’hexagone seront un terrain plus propice pour s’exiler des formats bien définis du disque.

Publié le 27/01/2009 Auteur : Thomas Ceugnart

Ayo
Les 2 et 3 février à 20h au Théâtre Sébastopol, place Sébastopol à Lille.
Tarif : 33/30 €
Tél.03.20.54.44.50


Mots clés : concerts