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« Photos matons ! »

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Premier festival du genre dans le monde, les Rencontres photographiques d'Arles présentent cette année les clichés de 250 artistes, répartis dans 25 lieux de la ville, autour de trois grands thèmes : l’Amérique latine, l’expérience du territoire et les désordres du monde.

Cette 48e édition connaîtra-t-elle le succès des Rencontres 2017, dont la fréquentation historique avait dépassé les 100 000 visiteurs ? Du côté des organisateurs, on y est prêt en tout cas ! En témoignent le nombre et la variété des lieux qui accueilleront cet été les expositions. Outre la vingtaine de monuments du patrimoine architectural arlésien mis à disposition par la Ville, les Rencontres investiront la friche industrielle des anciennes papeteries Étienne, qui sera cette année encore le décor de la Nuit de l’Année, le nouveau site d'Émile-Combes appartenant à la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette, le Ground Control à la gare SNCF, le Méjan prêté par Actes Sud, ainsi que le parc des Ateliers les Forges et la Mécanique par la Fondation LUMA.

Latina !

Voilà qui démontre, si besoin était, qu’exigence artistique et succès populaire peuvent aller de pair, à la plus grande satisfaction des exposants et de leurs hôtes bien sûr, mais aussi plus prosaïquement des commerçants et restaurateurs locaux, qui bénéficient de cette affluence toujours croissante, y compris de l’étranger d’ailleurs. De fait, les Rencontres arlésiennes se caractérisent aussi par leur dimension internationale. Cette dernière prend cet été les couleurs de la Colombie, grand pays de photographie et de tauromachie, à l’image de la Camargue. « Latina ! », c’est l’intitulé du programme dédié à cette Amérique latine si prolifique. Quatre pistes pour ce voyage par l'image : La vache et l'orchidée sur la photographie vernaculaire* colombienne, La Vuelta et ses 28 photographes et artistes colombiens, Pulsions urbaines sur la photographie latino-américaine, 1960-2016, et Paz Errázuriz, une poétique de l'humain.

Du territoire au monde

Deuxième thème, L'expérience du territoire qui balaie large, des Early Works du grand Joel Meyerowitz, street photographer de légende, aux voyages en train superbes et philosophiques de Marie Bovo. Du paysage de la mort accidentelle par Christophe Rihet (Road to Death) à la poésie profonde de feu Kate Barry, la fille aînée de Jane Birkin disparue fin 2013, alors qu'elle avait enchanté la première édition de Kyotographie à Kyoto par son art du portrait, au printemps précédent. Troisième thème, les Désordres du monde. Voilà une catégorie jamais à court de sujets. Illustration avec le Sud-Africain Gideon Mendel avait affiché ses photos du bout du monde sur des panneaux lors de la COP 21 à Paris. Son beau travail, humaniste et profond, sur les rescapés des inondations est donc à redécouvrir à Arles (Un monde qui se noie).

 

* Le photographe Martin Parr dans une interview réalisée par Michel Guerrin pour le Monde : « La photo vernaculaire est celle qui a une valeur d’usage ou commerciale sans que l’on se pose la question de sa qualité propre : les photos des maisons jointes aux annonces d’agences immobilières, les catalogues de vente par correspondance ou de grands magasins, les cartes postales, les petites annonces illustrées dans la presse, les photos de mariage… »

Publié le 30/06/2017

Jusqu’au 24 septembre à Arles. Tarifs : à partir de 5€ (forfait toutes expositions : 40/25€).  www.rencontres-arles.com


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